Un sol se compose de particules minérales, d’air, d’eau et de matières organiques, dans des proportions variables. S’il est léger et s’il se draine rapidement, il est sans doute sableux. Au contraire, s’il est lourd et imperméable, il est probablement argileux. Entre ces deux extrêmes se situe la terre franche, qui retient l’humidité tout en étant bien drainée. La nature d’un sol se caractérise également par son pH, qui définit s’il est plus ou moins acide ou alcalin. On peut évidemment modifier ce pH, mais difficilement de façon prolongée, aussi vaut-il mieux choisir des plantes capables de s’y adapter. Pour pouvoir améliorer la qualité d’un sol et en tirer le meilleur parti possible, il est donc indispensable d’en connaître la texture ainsi que le PH. Les plus beaux jardins, et les plus faciles à entretenir. sont généralement ceux où l’on cultive des plantes parfaitement adaptées à la nature du sol. Mais, que celui-ci soit argileux, calcaire, sableux ou qu’il s’agisse de terre franche, vous n’en devrez pas moins l’entretenir avec soin. Même un sol de très mauvaise qualité peut donner d’excellents résultats s’il est bien arrosé et enrichi régulièrement en matières organiques et autres éléments fertilisants. Vous trouverez plus bas tout un choix de plantes pour chacun des principaux types de sol. Celles qui conviennent aux sols argileux sont exigeantes en éléments nutritifs et supportent une constante humidité. Les sols légèrement alcalins réussissent à de très nombreuses plantes, celles qui sont indiquées ici supportent un maximum d’alcalinité. Les plantes recommandées pour les sols acides sont celles qui se plaisent exclusivement dans ce type de sol, mais beaucoup d’autres espèces peuvent parfaitement pousser en sol acide. Les plantes pour sol pauvre, peu profond ou sableux sont les moins exigeantes, elles supportent une relative sécheresse au niveau de leurs racines et peuvent survivre sans beaucoup d’éléments nutritifs. Sur la couche supérieure du terrain s’étale la terre végétale. C’est là que les racines des végétaux trouvent leur ancrage et leur nourriture. Selon les régions, cette couche varie en épaisseur de quelques centimètres à plusieurs mètres. Le sol s’enrichit peu à peu, grâce à la décomposition des plantes qui s’y développent et qui meurent, laissant à la terre, pétales, fruits, feuilles mortes et brindilles. Tout cela forme l’humus, grouillant de-vie. Sous cette terre nourricière repose une couche plus profonde, inerte, sans matières organiques, impropre à la culture. Connaître la nature de son sol doit devenir une priorité avant toute plantation. On saura quelles espèces y prospèrent le mieux et quelles améliorations apporter. Les quatre éléments principaux du sol sont l’argile, la silice (ou sable), le calcaire (ou craie) et l’humus (ou terreau). Votre sol sera dit “argileux,. “siliceux”, “calcaire” ou “humifère” selon qu’il sera naturellement plus riche en l’un ou l’autre de ces quatre constituants’. Quant à la “terre franche”, c’est la terre idéale qui combine entre eux, harmonieusement, ces divers éléments. Quelques techniques simples aident à déterminer le type du sol.
Observez votre terre.
Prélevez celle-ci à une profondeur de fer de bêche. Sa couleur et sa consistance vous donneront une première indication. Une terre brune ou noire, grumeleuse, légère, gorgée d’eau, avec des débris de feuilles ou de brindilles, est une terre humifère. La terre de bruyère en est un exemple extrême. Plutôt blanchâtre, elle indique la présence de calcaire (vérifiez qu’une goutte d’acide produit une effervescence à son contact). Si, après une forte averse, la pluie s’infiltre et disparaît dans le sol, c’est qu’il contient une bonne proportion de sable que le vent peut même soulever en poussière l’été. Malaxez et serrez la terre dans votre main. Si elle s’effrite entre vos doigts quand vous la serrez, c’est le signe que le sol est sableux. Si la boule reste compacte, ferme et luisante, si la terre colle aux semelles et retient l’eau en surface, là où se forment des flaques, et se craquelle l’été, elle est de nature argileuse. Si elle s’agglomère, mais s’effrite au sol quand vous la laissez tomber, sa composition est proche de la terre franche, bien équilibrée.
Déterminez la flore spontanée du terrain.
Il existe des plantes qui recherchent tout particulièrement un certain type de sol. La présence de plusieurs d’entre elles, dans un endroit donné, renseigne sur la nature de la terre. Si, sur votre terrain, se sont installés, spontanément, des merisiers, des aubépines, des sureaux, des coquelicots, du trèfle ou des acacias, le sol est assurément calcaire. Dans un jardin méditerranéen, les essences indicatrices d’une terre calcaire sont la lavande, le ciste cotonneux, l’ajonc à petites fleurs, le pin d’Alep et le chêne vert. Au contraire, si votre jardin se laisse envahir par les prêles, l’oseille sauvage, les fougères, les bruyères, les primevères, les repousses de châtaignier, vous pouvez alors en déduire qu’il n’est guère calcaire (ou plutôt, “alcalin”, en jargon de chimiste). Pour obtenir davantage de précisions, procédez: à l’analyse chimique du sol. Lacidité d’un terrain se mesure facilement, en, utilisant un simple papier pH dont on trempe l’extrémité dans une cuillerée de terre mêlée à autant d’eau distillée. Le papier est imprégné d’un réactif coloré dont la variation indique si le sol est acide (pH inférieur à 6,5), neutre (pH de 6,5 à 7,5) ou alcalin (pH supérieur à 7,5). Les diverses sociétés qui fabriquent des engrais ainsi que les grands producteurs de plantes proposent des analyses de terre complètes indiquant très précisément la nature du sol, mais aussi le pH, les taux de calcaire, d’acide phosphorique, de potasse et de matière organique contenu. A vous d’envoyer un échantillon bien représentatif, prélevé en plusieurs points du jardin. Divers coffrets en vente dans les jardineries vous permettront d’analyser vous-même votre terre. Faites appel, pour une analyse affinée, à un institut spécialisé, qui sera en outre à même de vous donner le degré de richesse de votre terrain sur le plan nutritif. Toutes ces caractéristiques peuvent être corrigées, degré d’acidité ou d’alcalinité, avec des amendements appropriés. Ces derniers n’ont aucune valeur nutritive (ou bien elle est trop faible), mais ils permettent de modifier la nature physique ou chimique du sol. Pour la structure des sols, l’humus, constitué de matières organiques parfaitement décomposées (compost, terreau de feuilles, fumier, tourbe), représente la panacée puisqu’il aère les sols compacts, mais retient l’eau et les engrais dans les sols légers. Acidité et alcalinité sont difficiles mais non impossibles à corriger: un sol très crayeux ne deviendra jamais une terre à rhododendrons, de même qu’une lande à bruyère ne portera jamais un potager florissant. Mais l’épandage de chaux agricole, par exemple, fera remonter le pH du sol d’un ou de deüx points. La tourbe, la sciure de bois, la fleur de soufre permettront à l’inverse de l’abaisser d’autant. Ces corrections sont nécessaires pour amener votre terrain à ressembler le plus possible à la terre moyenne, car c’est elle qui permettra le plus grand nombre de cultures. Diverses façons culturales, abordées ailleurs dans cet ouvrage (drainage, engrais…), permettront également de rectifier le tir si votre terrain ne s’avère pas idéal.
Corrigez votre terre en l’amendant
Les divers amendements minéraux (chaux, marne…) sont fournis par les jardineries ou les marchands de matériaux. Il en va de même, pour partie, des amendements humiques. Mais vous pouvez créer vous-même ces derniers. L’humus est une matière organique vivante qui doit subir un processus de décomposition bien défini pour être assimilé par les plantes. Il est indispensable à toute terre de culture et on peut l’apporter sous différentes formes. Le compost qui servira pour vos plantations Le compost et le paillage: voilà les deux clefs de la réussite d’un jardin. Avec le premier, vous nourrirez vos plantes. Le second, entre autres fonctions, les protégera du froid ou de la sécheresse. Un compost efficace est une matière qui encouragera la fertilité de la terre et contiendra les éléments dont votre jardin a besoin. Comment vous constituer un bon tas de compost ? Commencez par trier vos ordures en les recueillant au fur et à mesure dans deux poubelles différentes. Dans l’une, vous jetterez les boîtes de conserve, les plastiques, les emballages en carton, qui ne vous serviront à rien, et dans l’autre, les épluchures, les papiers, les résidus de thé, de café, les os ou les arêtes. Ce sont tous ces détritus dégradables qui constitueront votre compost. Dans un coin du jardin, à l’ombre, plantez quatre piquets de 1,50 m de haut. Entourez-les d’un grillage sur trois côtés. Posez quelques rondins ou petits troncs de bois par terre à” l’intérieur de cette cage. Commencez alors à entasser vos ordures en les étalant. Quand vous aurez amassé environ 30 cm de hauteur de déchets, couvrez-les de quelques centimètres de terre, puis arrosez le tout. Continuez à alterner ainsi des couches de déchets de 30 cm, en les saupoudrant de deux poignées de chaux éteinte ou de dolomie (c’est une variété de chaux qui contient du magnésium). Mieux vaut porter des gants pour cette opération. Vous emplirez ainsi la cage à ordures en l’arrosant de temps à autre. Quand le tas de compost aura atteint 1 m, couvrez-le d’une dernière couche de terre. Posez un grillage pour fermer le quatrième côté. Revêtez le tout d’une feuille de plastique ou mieux encore d’une vieille couverture. On peut également adosser le ”tas” à un mur.
CHOIX DES PLANTES EN FONCTION DU SOL
SOL ARGILEUX Amélanchier - Aucuba - Bergenia - Campanule - Chèvrefeuille (lonicera)(la plupart des espèces) - Cornouillet (la plupart des espèces) - Cotonéaster - Cytise Erable (Acer) (la plupart des espèces) - Forsythia - Géranium rustique - Hellébore Hosta ou funkia - Kerrie - Lilas (Syringa) - Orpin (Sudum) (la plupart des espèces) Pommier - Rosier - Rudbeckia - Seringat - Spirée - Viorne (la plupart des espèces)
SOL ALCALINAcanthe - Achillée - Aethionema - Ail (Allium sp.) - Alchémille - Alyssum - Ancolie (Aqui/egia) - Anémone - Arabis - Armoise (Artemisia) - Aster - Aubépine (Crataegus) Aubriette Aucuba - Buddleeia - Buis (Buxux) - Campanule - Caryopteris - Ceanothe (certaines espèces) - Centaurée - Ceratostigma - Chaenomeles Chèvrefeuille - Chimonanthe - Clarkia - Clématite - Colchique - Cosmos(certaines espèces .) Crocosmia Cytise - Érable (Acer) (certaines espèces) - Fuchsia (certaines espèces) Giroflée quarantaine (Matthiola) - Glycine - Groseillier (Ribes) - Gypsophile Heuchera sanguinea et cultivars - Kerrie - Lavande - Lavatère (Lavatera arborea et cultivars) - Lilas (Syringa) - Marronnier (Aesculus) - Molène (Verbascum) - Pâquerette Pentstemon (certaines espèces) - Polemonium - Pulmonaire - Pyracantha - Rudbeckia - Silène - Sureau (Sambucus) - Tulipe - Thym - Viorne - Weigela
SOL ACIDEArctostaphylos - Bruyère (Calluna, Erica) (la plupart des espèces) - Camellia . (certaines espèces) - Daboecia - Enkianthus - Eucryphia - Fothergilla - Gaultheria (certaines espèces) Kalmia - Lapageria (L. rosea) - Magnolia (la plupart des espéces) - Nomochasris - Pernettya Philsia magellanica - Phyllodoce - Rhododendron et azalée - Tupélo (Nyssa) Vaccinium (myrtille et airelle)(certaines espèces)
SOL PAUVRE, PEU PROFOND OU SABLEUXAbutilon (certaines espèces) - Achillée - Arbre de Judée (Cercis siliquastrum) Ceanothe - Chalef (Elaeagnus) . - Cotinus - Cytise - Géranium rustique - Glycine Jasmin (certaines espèces) - Kerrie - Lavande - Mahonia - Molène - Perovskia Sorbier (la plupart des espèces)